Rêve d’enfant, lubie de riche industriel ou expérience scientifique ?

Le train électrique de Gaston Menier ; © Cnum - Conservatoire numérique des Arts et Métiers - http://cnum.cnam.fr
Le train électrique de Gaston Menier
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Gaston Menier (1855-1934) n’est pas seulement à la tête de la plus grande entreprise de fabrication de chocolat au monde, c’est aussi un homme de son temps, sensible aux innovations et aux progrès techniques. Il se laisse ainsi séduire par l’éclairage électrique, installé dans l’ensemble de l’hôtel de l’avenue Ruysdaël au début des années 1880[1].

En 1887, Menier profite de cette source d’énergie pour procéder à une installation pour le moins originale : celle d’un petit chemin de fer dans sa salle à manger. Loin de n’être qu’une agréable distraction destinée à l’amusement des convives, ce train électrique poursuit un double objectif : faire facilement et rapidement tout le service du repas, tout en assurant l’intimité des hôtes, qui peuvent désormais se passer de domestiques. Reliant l’office à la table, il permet ainsi « un service ponctuel et bien ordonné ». Deux gravures publiées dans la revue La Nature permettent de mieux comprendre son fonctionnement[2].

Le train, composé d’une plateforme pouvant supporter 25 kg, fait le tour de la table dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Le maître de maison maîtrise sa vitesse et ses arrêts devant les convives grâce à un commutateur. Les rails eux-mêmes sont surélevés d’une dizaine de centimètres afin de pouvoir disposer les ustensiles (couverts, salières, etc.) sur la table.

À une époque où les riches demeures parisiennes commencent à se doter de tout le confort moderne – éclairage électrique, chauffage au gaz, eau courante, monte-charges et ascenseurs, etc. – l’installation de Gaston Menier offre ainsi « un nouvel exemple des mille services que peut rendre l’électricité dans la vie domestique ».



[1] Édouard Hospitalier, « Éclairages électriques privés », La Nature, 31 mai 1884, n° 574, p. 418-419.

[2] Édouard Hospitalier, « Un chemin de fer électrique dans une salle à manger », La Nature, 4 juin 1887, n° 731, p. 344-346.